الجمعة، 24 يناير، 2014

Hieroglyphics


Apprendre les hiéroglyphes est maintenant à la portée de tous. Certes, le langage est complexe et suppose un long entraînement pour le maîtriser. Mais sa découverte est ludique, enrichissante, et quelques années suffisent pour pouvoir comprendre la majorité des inscriptions. Thotweb propose des leçons en ligne en guise d'introduction à l'ancien égyptien.
Lire la première étape, recopier le texte, puis passer à la deuxième étape. Relire alors la leçon, et recopier le vocabulaire et les signes. (version imprimable ici


Première étape : découverte intuitive
Sois en vie, prospérité, santé ! Mon nom est Nofret.  J'habite à Thèbes.
Une manière de dire bonjour. Litt. En vie, prospérité, santé. Phrase sans verbe. Litt. Nom-moi Nofret Litt. Habiter-moi à Thèbes.
MOTS SIGNES
Noms propres
(nfrt) Nofret, litt. Belle, nom féminin.
(wAst) Thèbes, cité d'Amon, capitale de Haute-Egypte à partir du Moyen-Empire.

Substantifs
abbréviation de (anx) la vie.
abbréviation de (wDA) prospérité.
abbréviation de (snb) santé.
(rn) nom.
Pronom-suffixe
(.i) je, moi. Première personne du féminin singulier.
Verbe
(Hms) habiter, s'asseoir.
Préposition
(m) en, dans, à.
le son m (une chouette).
symbole de la vie.
le son D+A (pilon et mortier).
le son s (linge plié).
le son r (une bouche).
le son n (un filet d'eau).
1°/ la première personne du singulier féminin 2°/ déterminatif de la femme.
le son n+f+r.
le son f (vipère à corne).
le son t (miche de pain).
le son H+m (pubis).
le son s - z à l'Ancien Empire (loquet).
déterminatif du repos et de l'état assis.
symbole de Thèbes.
déterminatif de la ville (carrefour vu de haut).
Deuxième étape : explications
I/ Le système hiéroglyphique
- déterminatifs et idéogrammes
Un premier coup d'œil à ce texte vous a déjà permis de comprendre, si vous ne le saviez déjà, que certains signes représentent ici des idées, et d'autres des sons. Le verbe est ainsi composé de trois hiéroglyphes. Le premier se lit H+m, le deuxième s. Le troisième ne se prononce pas, il sert à indiquer le sens, c'est ce que l'on appelle un déterminatif. Il y en a un grand nombre, mais si l'on en comprend quelques dizaines d'usuels (ils ne sont vraiment pas difficile à retenir), on va pouvoir deviner, dans de nombreux cas, la catégorie lexicale du mot.
Ainsi, si l'on rencontre le mot , et même si l'on ne sait pas lire les caractères qui précèdent le signe , on saura qu'il s'agit vraisemblablement du nom d'une ville. Les déterminatifs se placent toujours en dernière position. Et, comme l'ancien égyptien ne sépare pas les mots et ne connait pas de signes de ponctuation (à part éventuellement le point de prosodie poétique et certaines marques en usage dans des listes administratives), c'est bien utile pour décomposer une phrase.
Outre les déterminatifs, d'autres signes peuvent avoir des valeurs de symboles (on les appelle "idéogrammes" en général).
Ainsi, le symbole de Thèbes, le sceptre ouas auquel est attaché la plume de la vérité-justice sert à écrire le nom de cette ville prestigieuse, qui s'élevait à l'emplacement de l'actuelle Louqsor (à ne pas confondre avec le temple de Louqsor, qui n'en est qu'une partie).
- phonogrammes et translittération
Il reste que l'apprentissage des signes phonétiques (= qui représentent des sons) sera l'un de vos premiers efforts.
Une petite parenthèse sur ce que les égyptologues nomment la translittération : ces caractères parfois étranges, que j'ai colorés en vert, ne vous seront complétement lisibles sur votre écran qu'après avoir téléchargé une police spéciale (cliquer ici pour obtenir une police windows, pour une police mac).
Pourquoi une police spéciale ? Certains signes, comme le h pointé H, représentent des sons inconnus dans les langues occidentales. Pour connaître leur valeur, se reporter au tableau des signes unilitères plus bas.
Toutefois, une autre perplexité devrait saisir ceux d'entre vous qui ne sont pas familiarisés avec les langues sémitiques : seules les consonnes et certaines semi-consonnes ou voyelles longues sont notées (note : les semi-consonnes sont des voyelles qui jouent le rôle de consonnes, comme le son "ou" dans le mot "oui" en français).
Cela, ajouté à la grande imperfection de notre connaissance de la phonétique égyptienne, nous rend incapable de prononcer correctement l'égyptien ancien. Dans la plupart des cas, il est très difficile de deviner les voyelles brèves que les Egyptiens n'ont pas notées. Dans certains autres, le Copte ou d'autres langues qui ont essayé de transcrire des mots égyptiens peuvent nous aider. C'est ainsi que vous remarquerez qu'on peut transcrire nfrt, le nom de notre belle égyptienne, par "Nofret". Il est en effet à peu près certain qu'entre le n et le f existait une voyelle courte qui ressemblait à "o" ou à "ou".
Cette parenthèse refermée, continuons sur les caractères phonétiques. Ils sont absolument indispensables. Contrairement à ce que pensait Anathase Kircher au XVIIIe siècle, on ne peut pas tout écrire en symboles. Et la majorité des hiéroglyphes égyptiens, vous le voyez bien dans ces trois phrases, sont employés avec une valeur phonétique dans les inscriptions. Mais au contraire du système alphabétique, certains signes représentent plusieurs lettres.
On trouve ainsi des caractères unilitères (aussi appelés alphabétiques dans certaines grammaires) qui sont certes très communs, comme , r,
, n ou , f , mais aussi des bilitères (deux lettres), comme , H+m, et enfin des trilitères (trois lettres), comme , n+f+r.
Vous pouvez vous poser légitimement deux questions : 1°/ pourquoi les Egyptiens pour écrire n+f+r ont-ils besoin d'un signe alors que semblerait suffire ? 2°/ pourquoi dans la deuxième phrase du texte, le nom Nofret est-il écrit et non pas  ? Avant de répondre à ces questions, disons tout d'abord que toutes ces graphies sont théoriquement possibles - l'orthographe égyptienne n'est pas complètement impérative - mais que seule celle présentée dans le texte, c'est-à-dire , est standarde (dans plus de 95% des cas). Il semble que le choix de cette méthode un peu compliquée de noter les sons a pour vocation d'aider à la lecture. Dans , il faut lire n+f+r+t, et non n+f+r+f+r+t. et jouent ici le rôle de compléments phonétiques, peut-être un peu de la même manière que , en tant que déterminatif, a la fonction d'un complément de sens.
Il existe un grand nombre de signes phonétiques, et vous les apprendrez graduellement. Voici déjà un tableau des signes unilitères, qui sont les plus courants (ne serait-ce que parce qu'ils sont employés comme compléments phonétiques) :

A Une sorte d'attaque vocalique, comme le "ha" dans "les haricots" x comme le "ch" dans l'allemand "ach"
i i X sorte de "tch"
, y y s, z s, anciennement z
a Entre "a" et "eu", comme dans "Allah" prononcé par un arabophone. s s
, w ou S ch
b b q k du fond de la gorge
p p k k
f f g g
, m m t t
, n n T sorte de "tj"
r "r" roulé, parfois "l" d d
h h comme en anglais D dj
H h plus fort      


La prononciation est bien entendu approximative, et elle a subi des variations au cours des âges. Avec ce tableau, mis à toutes les sauces dans les ouvrages de vulgarisation sur l'Egypte que vous avez sans doute déjà feuilletés, vous pouvez faire croire que vous savez écrire les hiéroglyphes, comme les bijoutiers égyptiens modernes qui vous proposent de graver un cartouche à votre nom. C'est un moyen amusant d'apprendre ces signes indispensables, mais sachez que jamais un ancien Egyptien n'aurait écrit votre nom avec ces seuls hiéroglyphes, et que de toute façon, vous n'auriez pas eu droit au cartouche, privilège réservé au roi d'Egypte, à la reine, à la divine adoratrice d'Amon et à quelques princes !
Il y aurait encore bien d'autres choses à dire sur la multiplicité des valeurs de certains signes, l'orientation des hiéroglyphes, la façon de les grouper, mais autant ne pas vous surcharger de descriptions de règles que vous allez comprendre sans même avoir besoin qu'on vous les dise. Et passons, tout de suite, à la grammaire.
II/ Syntaxe et éléments de grammaire
Ceux qui ont déjà l'expérience des langues orientales ne seront pas étonné par les phrases sans verbe de l'ancien égyptien, comme à la deuxième ligne. En français, nous avons besoin d'un verbe être (qui joue le rôle de ce qu'on appelle en linguistique une "copule"). En égyptien, une simple apposition peut suffire. Le sujet se place en premier, l'objet, qu'on nomme le prédicat, est en second. Dans l'exemple de ce texte, on parle de phrase à "prédicat nominal", parce que le prédicat est un nom.
Mais il existe aussi des phrases verbales, comme à la troisième phrase du texte. Il y en a plusieurs types. Celui présenté ici est typique du moyen-égyptien, la langue classique parlée pendant le Moyen-Empire et longtemps restée écrite dans les textes officiels et religieux. Remarquez la syntaxe (c'est-à-dire l'ordre des mots) : verbe-sujet-complément. Le verbe peut subir quelques variations de forme, mais il n'y a pas de congugaison à proprement parler. Quand le sujet est un pronom, on emploie les pronoms-suffixes de la liste ci-dessous :


 
Singulier
Pluriel
1ère personne , .i (fem., masc.) .n commun
2e personne , .T / .k (fem. / masc.) .Tn commun
3e personne , .s / .f (fem. / masc.) .sn commun

N. B. J'ai mis le féminin d'abord, en compensation à ces siècles de grammaires pendant lesquels on a toujours mis le masculin en premier. Après tout, pour les linguistes, seul le féminin est considéré comme un cas "marqué", le masculin n'étant en fait qu'un cas neutre (sauf bien entendu dans les langues où se distingue un cas neutre à part entière).
Notez qu'en translittération la valeur phonétique de ces pronoms est précédée d'un point, qui les lie au terme précédent (c'est pourquoi on appelle ces pronoms des pronoms-suffixes) et permet de les distinguer. Ainsi,   doit être translittéré Hms.i. C'est une simple convention, qui n'est pas universelle : certaines grammaires utilisent le signe = à la place du point.
La première personne du singulier est souvent omise dans l'écriture. Les pronoms-suffixes peuvent aussi avoir la valeur de nos pronoms possessifs quand ils sont placés après un nom (voir la deuxième phrase du texte hiéroglyphique).
Pour ne pas trop vous surcharger de détails pour cette première leçon, je ne vous indique qu'un dernier point : le (t) placé en fin de mot (mais juste avant le déterminatif), est la marque du féminin. Ainsi, nfr signifie "beau", et nfrt "belle". Dans la plupart des manuels, on fait précéder le t d'un point pour montrer qu'il s'agit d'un suffixe, et on écrira nfr.t.
Voilà. Vous avez maintenant été introduits aux bases élémentaires de la langue égyptienne. De nombreux manuels, dans toutes les langues, vous permettront, si vous le désirez, d'approfondir vos connaissances. Et éventuellement, si la demande est importante, Thotweb pourrait mettre en place des cours électroniques.
Envoyez vos critiques et vos suggestions à : forumthotweb@netcourrier.com.
Pour les utilisateurs de logiciels hiéroglyphiques, voici le "Manuel de Codage".

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